Commandant LEBERON
patron de l'Escadron
départemental de sécurité
routière de l'Isère
Depuis plusieurs années, on a l'impression que le bilan est toujours le même en matière de sécurité routière : "moins d'accidents, moins de blessés mais plus de tués".
N'est-ce qu'une impression ?
Non, en zone gendarmerie c'est incontestable mais il y a néanmoins une évolution de taille : nous sommes de moins en moins souvent confrontés à des accidents au cours
desquels plusieurs personnes sont tuées. Cela fait longtemps, par exemple, que l'on n'a pas vu quatre jeunes dans une même voiture, morts dans un accident à la sortie d'une
boîte de nuit et, à mon sens, le travail de prévention qui est fait à longueur d'année auprès de ce public en particulier y est pour quelque chose.
Une campagne de sensibilisation a été menée concernant les usagers de la route dits "vulnérables". A-t-elle été efficace ?
Si l'on considère que les usagers vulnérables sont les jeunes, les personnes âgées et les conducteurs de deux-roues, alors non, elle n'a malheureusement pas porté ses fruits
si l'on en croit les chiffres. En zone gendarmerie, le nombre des tués parmi les moins
de 18 ans a été multiplié par trois. Il s'agissait principalement d'enfants mal attachés dans les voitures et éjectés lors d'accidents. Les plus de 60 ans
ont également payé un lourd tribut : on dénombrait 9 morts en 2008 en zone gendarmerie, ils ont été 13 en 2009. Il s'agissait principalement d'automobilistes.
Quant aux deux-roues motorisés, ça a été catastrophique : 18 motards ont trouvé la mort en Isère en 2009, soit 8 de plus que l'année d'avant. Cela s'explique notamment par
le fait que le printemps a été précoce cette année : les motards sont sortis plus tôt et ont roulé plus longtemps, surtout sur des routes du réseau secondaire qu'ils
connaissaient parfois mal.
Aujourd'hui, quel est votre principal problème ?
Nous menons beaucoup d'actions très ciblées qui, j'en suis sûr, vont se révéler efficaces au fil des ans. Mais notre plus grande difficulté en matière de prévention, c'est
de faire comprendre aux automobilistes qu'il ne suffit pas de rouler moins vite et sans avoir bu de l'alcool : il faut avant tout adapter sa conduite aux circonstances et
aux conditions particulières. Par temps de pluie, par exemple, beaucoup s'obstinent encore à rouler à 130 km/h sur autoroute...